+ Interview Contre Culture Info
Interview de Aube L. sur Contre Culture Info par Guillaume Joubert

Artiste authentique et sincère Aube L. est une récente découverte qui marque par son originalité mais aussi par des compositions intenses et pleines d'émotions. Son dernier album, "Life", dégage même une sensibilité rare. C'est donc avec un certain intérêt que je vous propose l'interview de cette artiste que vous pourrez retrouver prochainement en concert :
Le 15 avril à la Bellevilloise à Paris à 19h30
Le 24 avril aux Pavillons Sauvages à Toulouse à 20h00
Le 14 mai au Bar le 17 à Paris à 19h30
Le 15 mai au Silo à Le Mans à 20h00
Le 16 mai au Klub à Paris à 20h00
Le 1er juin à L'Avalanche à Barcelone
Le 12 juin au Yono à Paris à 20h00
Tu es auteur, compositeur et interprète, comment es tu venue à la musique ?
Aube : Un peu comme tout le monde je crois… Les parents ont des rêves qu’ils vous mettent entre les mains et c’est une chance lorsqu’ils révèlent une partie de vous-même. Ils m’ont donc mise au violon lorsque j’étais gamine, j’en ai fait quelques années et ensuite j’ai quitté la musique pendant ce qui m’a parut une éternité. J’ai concentré mes envies sur l’écriture jusqu’au jour où je me suis retrouvée avec une guitare entre les mains. Là, quelque chose s’est passée. J’ai eu la sensation qu’en moi s’ouvrait une porte qui avait longtemps attendu de l’être... Il y avait toutes ces musiques en moi qui attendaient de prendre vie ! J’ai appris à jouer de la guitare en composant dans une espèce d’urgence et d’évidence… Et je n’ai plus arrêté !
J'ai vu que tu composais aussi des musiques de film ....Peux tu nous en dire deux mots ?
Aube : Oui, et pour le théâtre aussi, c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire ! Cela permet d’aller au-delà de soi, d’apprendre à développer son identité, son intuition et son langage…Et puis, il y a un gros travail de communication en amont qui est passionnant. Il y a quelque chose d’enthousiasmant à donner vie à des émotions et à des histoires qui ne nous appartiennent pas.
Est ce de composer pour des films qui t'as donné envie de composer pour toi, ou est ce l'inverse ?
Aube : J’ai commencé par composer pour moi et lorsque je faisais écouter ce que je faisais, on me disait souvent que c’était très cinématographique… L’idée a germé et un jour j’ai décidé de me lancer. Donc c’est plutôt le contraire, c’est le fait de composer pour moi qui m’a donné envie de composer pour d’autres. L’histoire des albums arrivent avec les années, l’expérience et l’envie de marquer des étapes.
Comment on devient compositeur de musique de films ?
Aube : On le devient très simplement je crois. On commence et une chose en entraînant une autre, on finit par aller de plus en plus loin. Pour ma part, mon tout premier projet fût une pièce de théâtre. J’avais décidé de répondre à des annonces d’auteurs et de metteurs en scène qui recherchaient des comédiens pour leur proposer mes services en tant que compositeur. Un jour, un auteur (Christophe Botti) m’a répondu en me disant qu’il était allé écouter ce que je faisais et que ça lui parlait. Il m’a appelé, on s’est rencontré et je me retrouvais à faire ma première musique pour une pièce de théâtre en un temps record. Pendant les représentations, un réalisateur a aimé la musique et m’a contacté pour travailler avec lui etc etc… Le fameux effet papillon.

Ton univers est très sombre. Tu chantes d'ailleurs sur "You're like a child" : "Je me ferme encore sous la peur et dans le noir, je respire mal". Est ce que c'est dans cette noirceur que tu puises ton inspiration ?
Aube : Il me semble que nous avons tous une part sombre en soi et que la meilleure façon d’évoluer avec est de lui trouver un domaine d’expression histoire qu’elle ne prenne pas toute la place dans le quotidien. La musique m’équilibre, elle me permet d’avancer, d’être entière, d’être quelqu’un de disponible et de gai. Alors oui, mon inspiration vient de là, d’une histoire qui n’a pas toujours été évidente et la musique me permet de la sublimer et d’amener cette part sombre à la lumière.
Tu alternes le français et l'anglais dans cette chanson. Pourquoi ne pas l'avoir écrit entièrement en français
Aube :Simplement parce que chanter en anglais et chanter en français n’est pas du tout pareil en terme de sonorité, de placement de voix, de rythme… J’ai d’abord voulu chanter cette chanson en anglais et elle ne sonnait pas, quelque chose clochait musicalement parlant, sauf le refrain. J’ai donc essayé en français, elle ne sonnait pas au refrain mais prenait vie pour toutes les autres parties, alors j’ai décidé de faire se rencontrer le français et l’anglais.
Qu'est ce qui différencie ton travail de composition pour un film aux compositions que l'on retrouve sur ton album ?
Aube : C’est une bonne question ! Pas grand-chose je crois, parce que, d’une façon générale, le rôle de la musique est d’être un peu la chair des mots. La seule différence est que lorsque je compose pour moi, ce sont aussi mes mots, et lorsque c’est pour un film, je dois aller vers des mots qui ne m’appartiennent pas.
Quelles sont tes influences, et qu’écoutais-tu pendant ta période adolescente ?
Aube :Gamine, j’ai baigné dans le classique, entre le conservatoire et mes parents qui écoutaient beaucoup d’opéras… Particulièrement Wagner, que j’avais beaucoup de mal à supporter physiquement, je trouvais ça trop violent… Et adolescente, Je me sentais tellement seule que je recherchais mes émotions dans la musique, histoire de sentir que quelque part, quelqu’un avait en soi les mêmes choses que moi… Je n’ai jamais trouvé ça. Parfois des petits bouts mais rarement plus. Ca peut paraître étrange à dire mais je crois qu’adolescente, ça m’aurait beaucoup aidé si j’étais tombée sur ma musique !!
Et aujourd'hui, qu'écoutes tu ? Quels sont les groupes ou artistes, qui te font rêver ou qui te donnes envie de t'investir autant dans la musique ?
Aube : J’écoute énormément de choses différentes, ça va du classique à la techno en passant même parfois par le rap ! Je vais reprendre une phrase de Björk qui dit que « la musique n’est pas une question de style mais de sincérité » J’aime la Musique et les êtres humains alors… Sinon, j’adore Björk, je la trouve très impressionnante musicalement et il me semble que sa démarche est très proche de la mienne dans le sens où elle fait de la musique comme elle vit : dans une dynamique d’évolution.
Le premier extrait de ton album "Fade into the moon" est très accrocheur. Etait-ce important de le retrouver en première position ? Aube : Oui. Cette chanson là est un peu un mystère pour moi parce qu’elle interpelle directement et pourtant, c’est certainement la plus simple musicalement de l’album ! C’est là la magie ! Et comme à chaque concert, les gens m’en parlent alors je l’ai mise en introduction. Comment s'est passé l'élaboration de ton premier album, "Life" ? Aube :En fait, ce n’est pas mon premier album, c’est mon troisième. Le premier (Hivers 05-06 - 2006) est très instrumental et n’a été distribué qu’en téléchargement libre. Le deuxième est un 4 titres (Faith – 2008), plus rock que j’ai sorti en même temps que je tournais avec ma formation à 5 (basse, batterie, 3 guitares et chant). Il est encore distribué numériquement mais n’existe plus en format cd. Et maintenant (Life – 2009) cet album est beaucoup plus représentatif de tout mon univers car je ne l’ai pas composé dans le but de le jouer sur scène. Ca laisse plus libre à la création car il n’y a pas de contraintes techniques à respecter. Finalement, j’en ai adapté plusieurs titres que je joue sur scène avec une formation beaucoup plus restreinte : à 2 ! Syn-, qui m’accompagne depuis 2008, à la basse et à la guitare et moi-même à la guitare, aux samples et au chant. Tu es une artiste entièrement autoproduite. As-tu une structure qui te seconde dans les démarches administratives ou la recherche de concerts ? Aube : Non, jusqu’à présent j’avance seule. J’ai la chance d’être très bien entourée, ce qui m’a valu les 2 magnifiques pochettes de « Faith » et « Life » que je dois à Delphine Ragot et Jo.ha.nD ainsi qu’un visuel qui ajoute vraiment à mon univers… Je dois avouer que lorsqu’on commence à plaquer ses premiers accords, on ne s’imagine pas le travail que cela peut représenter que d’avancer dans le monde musical !! Un travail de démarchage énorme, s’adapter à des logiques administratives, un gros boulot d’organisation… Jusqu’à parfois se demander si l’on est chef d’entreprise ou musicien !!J’espère pour la suite être plus accompagnée dans la recherche de concerts… Quelle est ton ambition dans la musique ? Aube : J’ai envie de vivre pleinement de ma musique, passer ma vie à explorer la musique… Et encore, parfois je panique à l’idée de ne pas avoir assez de toute une vie pour faire tout ce que j’ai envie de faire en musique ! Je rêve de travailler avec un orchestre, de tout un tas de collaborations, d’expérimentations… Au fond de moi, je sens bien que je n’ai pas le choix … S’il y a bien un moment où je me sens à ma place, c’est devant un micro avec ma guitare. Bref, je veux aller le plus loin possible. On l'a dit ci-dessus tu joues sur plusieurs tableaux, puisque tu composes aussi pour les autres. Est ce important d'avoir ainsi plusieurs cordes à son arc ? Aube : C’est important de vivre des choses différentes car cela pousse à se dépasser et enrichit… et surtout, d’une manière générale, la rencontre avec l’Autre, dans la vie, amène toujours à se faire face avec plus d’honnêteté. Dans les jours qui viennent quelles seront tes activités, tes projets ? Aube : J’ai plusieurs concerts de prévus dans les mois à venir et un des membres de « l’association des Paradoxes Nébuleux », Benjamin Ruffier, a relevé le défi de nous organiser une tournée à partir de mi juin. J’espère donc passer le reste de l’année sur les routes avec mon fidèle et talentueux compagnon : Syn- ! En parallèle, un nouvel album « Earth of exile » est en préparation et devrait sortir cet été sous le label américain Cykxincorp. Label avec lequel j’ai signé aussi pour une collaboration avec un compositeur de musique classique. Côté cinéma, le film polonais “You will not know” de Ewa Stankiewicz, auquel j’ai participé, va voir très prochainement le jour en Pologne et en Allemagne. Côté théâtre, je suis sur la musique de la pièce « Un cœur en herbe » de Christophe Botti. Pièce qui se jouera 6 fois en juin au Tango avant de se jouer pendant 3 mois à partir de septembre. Merci à toi, je te laisse le mot de la fin : Aube : Je voudrais vous remercier et remercier toutes les personnes qui m’entourent et me portent par leur amour. Celles que j’aime et celles que je ne connais pas mais qui croisent ma route après les concerts et me donnent une partie d’elles mêmes… J’aime vraiment la scène, c’est un moment privilégié de partage parce qu’il permet d’aller directement à l’essentiel des choses et des êtres humains. La musique a ça de magique qu’elle parle à ce qui est le plus vrai en chacun de nous, elle aide à traverser les apparences. Je vis pour ces précieux moments et ils me font vivre. Le 31 mars 2010


+ Chronique de "Life" sur Contre culture
Chronique écrite par Guillaume Joubert pour le webzine Contre culture et Rock'n'France
Il suffit parfois d'écouter un titre pour sentir toute la sensibilité d'une artiste. C'est le cas sur "Life", le nouvel album de Aube. L, qui nous offre un univers unique et riche de sonorités en balançant 11 compositions entre musique, d'ambiance, expérimentale et post-rock. Difficile de ne pas tomber dans le piège, dès le premier titre avec "Fade into the moon" dont l'ambiance troublante est chargée d'émotions, mais aussi avec des morceaux envoûtants comme "The love together" ou "Don't Leave" et son piano entraînant. Sur "To touch the Death", l'ambiance est particulièrement sombre et même glaçante avec des hurlements qui semblent sortir des ténèbres........Le dernier titre "It's a song for you silence", clôt l'album avec une ballade mélancolique emportée par le désespoir.....
C'est donc frisson garanti avec la "Life" de Aube L. .......
Le 11 mars 2010
+ Interview Univers L

Interview accordée à Isabelle B. Price le 23 Mars 2009 pour le site Univers-L.com
Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours (études, formations, époque où vous avez débuté la guitare et le chant…) ?
C’est un peu difficile pour moi de vous parler de mon parcours parce qu’il a vraiment été chaotique. Il me semble que l’on sait tous ce que l’on a au fond de soi mais que ce qui prend le plus de temps dans une vie, c’est de l’accepter. Alors, on s’essaie à de multiples choses. Parfois heureuses, parfois moins, mais au final, toutes les expériences sont bonnes et logiques.
En gros, j’ai oscillé entre l’écriture et la musique pour au final les réunir.
Écrire est-il pour vous tout aussi important que composer et chanter ou préférez-vous l’un des aspects en particulier ?
Oh oui bien sûr ! Ecrire est aussi important que le reste !! Tout est important puisque l’essentiel est d’exprimer… Après, chaque chose à exprimer a son langage approprié… Certaines émotions se jouent plus qu’elles ne se parlent et d’autres se parlent dans le silence… La musique, c’est un peu la chair des mots, ce qui vibre, c’est l’émotion du mot…
J’aborde vraiment ça de manière globale…
La scène, c’est comment ?
La scène !? C’est un moment vraiment particulier et magique, c’est un partage qui va droit à l’essentiel… Un peu comme une traversée des apparences…
Et ça commence par soi… Les minutes avant de monter sur scène, j’ai l’impression que je vais en crever de peur… Jusqu’au moment où les premières notes résonnent et là ! Là, quelque chose d’inexprimable se passe… La sensation de disparaître… D’être tout et rien à la fois… Comme si tout était à sa place… Jusqu’à la moindre des personnes présente… Sur scène, on ne peut tromper personne… Ca sonne sincère ou pas, « juste » ou pas et rien d’autre ne pèse dans la balance…
On pourra chercher tout ce qu’on veut dans la musique, la disséquer, la rapprocher de telle ou telle influence, la seule chose qui compte, c’est ce qui sonne là, dans le cœur… Ce qui vient vous chercher dans ce qu’il y a de plus vrai en vous…
Ne pas mentir ni dissimuler votre orientation sexuelle c’est quelque chose qui s’est toujours imposé pour vous ?
Oui. Il se trouve que parmi tout ce que j’ai dû assumer de ce que je suis, cette partie là m’a semblée évidente et naturelle. Alors évidemment, on ne peut pas échapper à certains carcans mentaux, plus culturels qu’autre chose, mais bon… L’idée est de ne jamais baisser la voix et qui sait, peut-être que dans ma trajectoire, ce que je suis amènera une personne à élargir son horizon. La censure commence par soi.
Vous n’avez jamais craint d’être étiquetée ‘chanteuse lesbienne’ ?
Non. Je pourrais craindre ça si je m’étais « construite » autour et à partir d’un univers exclusivement homo. Là, il n’y a qu’à regarder mon parcours artistique pour comprendre que ce que j’ai à exprimer se situe à plusieurs niveaux et dans plusieurs domaines. Une personne doit être considérée comme un ensemble et ne peut être réduite à une ou deux de ses caractéristiques. Après, si cela arrive, eh bien, je suis chanteuse et aussi lesbienne alors ! Si certains préfèrent ne recevoir que ça de moi, ça les regarde !
Vous avez écrit les bandes originales de plusieurs courts-métrages et dernièrement celle du film « Des Illusions » de Étienne Faure ? Comment se passe la création, le travail en équipe ? Quelle est exactement votre marge de liberté ?
J’adore aussi cette partie de mon travail. C’est surtout un gros gros travail de communication qui est passionnant. C’est extrêmement porteur de se sentir faire partie d’un tout, d’un ensemble. Mon travail se situe dans l’écoute et la compréhension de ce que le réalisateur, l’auteur et le metteur en scène ont envie de dire… Il s’agit pour moi de trouver une façon de m’unir à leur langage. Tout est précis, étudié, minuté, relié pour que l’ensemble soit cohérent et aille dans la même direction.
Pour ce qui est de la marge de liberté, j’ai la chance immense de faire ce que je sais faire et on vient me voir pour ça. L’expérience la plus poussée de la liberté se fait souvent dans un cadre.
Que vous a apporté sur le plan humain votre participation à « Notre Combat », aux côtés de la peintre et photographe Linda Ellia ?
Ce que m’a apporté cette expérience est inestimable. Avoir la possibilité à 26 ans de s’exprimer sur des questions aussi fondamentales est un véritable privilège et un profond engagement envers soi. Toujours avec l’idée que tout est relié et pour rebondir sur votre question quant à une éventuelle étiquette de « chanteuse lesbienne »… C’est une question de logique pour moi ! Vous comprendrez que je ne peux pas d’un côté dire « N’oublions jamais d’être humain à chaque instant malgré la peur et le désespoir ! Ne nous endormons pas sur la promesse d’un système bien pensé ! Soyons humain, résolument ! » Et de l’autre, nier, transformer ou cacher une partie de ce que je suis.
Pouvez-vous nous parler de la création de votre pièce de théâtre, « Raconte moi ton premier souvenir » ?
Le théâtre est vraiment un lieu d’expression très riche et j’ai eu envie d’en faire l’expérience en tant qu’auteur et pas seulement en tant que compositeur.
J’ai découvert l’univers du théâtre grâce à Christophe et Stéphane Botti, auteurs et metteurs en scène avec lesquels je travaille régulièrement. Travailler avec eux a été très formateur pour moi car ils m’ont poussé à expérimenter des univers très différents. C’est toujours un réel bonheur que de m’immerger dans leurs projets. Je viens d’ailleurs de finaliser la musique du dernier court métrage de Stéphane Botti « Un peu de soleil dans les yeux ». C’est l’histoire, finalement assez banale, d’un adolescent qui découvre son homosexualité. Mais le regard posé sur l’adolescence et cette traversée des émotions est très poétique.
Peut-on dire de vous que vous êtes une artiste engagée ?
Je ne me définirai pas comme une artiste engagée mais plutôt comme une personne engagée face à la vie.
Quelles sont vos influences musicales ?
Je n’aime pas un genre en particulier mais plutôt la musique de manière générale. Mes influences peuvent donc aller du classique jusqu’au rap en passant par la techno et le rock, pourvu que ces musiques sonnent « justes ».
Je peux quand même dire que je suis une inconditionnelle de Björk et pour le coup, elle a su allier tous les genres existants.
Pouvez-vous nous parler du concours musical auquel vous participez, de la demi-finale au Nouveau Casino ainsi que de la finale à la Cigale ?
Il existe une foule de festivals et tremplins musicaux et en m’inscrivant au Fallenfest, je ne pensais pas avoir un retour ni un accueil aussi professionnel et humain. Ils ont une véritable vocation d’accompagnement.
J’arrive donc, grâce au soutien précieux de tous ceux qui me suivent et aussi surtout à mes musiciens, en finale de ce tremplin. Finale qui m’amène à jouer le 13 juin à La Cigale.
L’enjeu est un enregistrement studio, autrement dit, j’espère vraiment aller jusqu’au bout du bout parce que ce serait un joli passeport vers de plus larges étendues.
Désirez-vous parler d’autre chose ?
Oui, j’aimerai vraiment remercier toutes les personnes qui m’entourent… On n’est pas grand-chose tout seul !! Mes musiciens vraiment exceptionnels et géniaux, Jo.ha.nD qui m’a fait un super site et aussi tout particulièrement Delphine Ragot qui s’occupe de mon visuel et qui m’a permise de réaliser un 4 titres : « Faith ». Fabrication artisanale mais un objet vraiment particulier et beau.
English version
Can you speak to us a few about your route (studies,
formations, time when you began the guitar and the singing)?
It is a little bit
difficult for me to speak to you about my route because it was really chaotic.
It seems to me that we know all what we have at the bottom of one but what what
sets most time in a life, it is to accept it. Then, we venture on multiple
things. Sometimes happy, sometimes less, but in the end, all the experiences
are good and logical.
In Brief, I oscillated
between the writing and the music to combine them in the end.
To write is it for you so important as to compose and
to sing or do you prefer one of the aspects in particular?
Oh yes naturally! To write
is also important as the rest!! Everything is important because the main part
is to express … Later, every thing to be expressed has its appropriate language
… Certain feelings deceive more than they speak to each other and the others
speak to each other in the silence …The music, it is a little the flesh of the
words, what what vibrates, it is the emotion of the word … I really approach
that in a global way …
The scene, it is how?
The scene!? It is a really
particular and magic moment, it is the sharing which goes up to the main part …
A little as a crossing of appearances … And that begins with one … The minutes
before rising on stage, I have the impression that I am going to be bursting
with it of fear … Until the moment when the first notes resound and there!
There, something unspeakable takes place … The sensation to disappear … To be
everything and nothing at the same time … As if everything was on the place …
Until the slightest of the persons present … On stage, we can deceive nobody …
That rings sincere or not, "just man" or not and nothing else weighs
in the balance … We can look for all that we want in the music, to dissect it,
to to move closer it to such or such influence, the only thing which counts, it
is what what rings there, in the heart … What comes to look for you in what
there is of more really in you …
Not to lie nor to hide your sexual orientation it is
something who was always imperative for you?
Yes. It turns out that among
all that I had to assume of what I am, this part there seemed to me evident and
natural. Then obviously, we cannot escape certain mental yokes, more cultural
than the other thing, but check … The idea is to lower never the voice and
which knows, maybe that in my trajectory, what I am will bring a person to
widen its horizon. The censorship begins with one.
You were not ever afraid of being labelled ' lesbian
singer '?
No. I could be afraid of
that if I had "built myself" all around and from a universe
exclusively homo. There, there is only to look at my artistic road to
understand that what I have to express is situated at several levels and in
several domains. A person must be considered as a set and cannot be reduced to one or two
of its characteristics. Later, if it arrives, well, I am a singer and so
lesbian then! If some people prefer to receive only that of me, that looks at
them!
You wrote the soundtracks of several short films and
recently that of the film Of "Des Illusions" of Étienne Faure? How
takes place the creation, the teamwork? What is exactly your margin of freedom?
I also like this part of my
work. It is especially the big big work of communication that is fascinating.
It is extremely carrier to feel being a part of a whole, a group. My work is
situated in the listening and the understanding of the fact that the director,
the author and the director want to say … It is a question for me of finding a
way of uniting me with their language. Everything is precise, studied, timed,
connected so that the set is coherent and goes to the same direction. As for
the margin of freedom, I have the immense luck to make what I know how to make
and we come to see me for that. The experience the most pushed by the freedom
is often made in a frame.
What brought you on the human plan your participation
in " Notre combat ", beside painter and photographer Linda Ellia?
What brought me this
experience is inestimable. To have the possibility in 26 years to express
himself on questions so fundamental is a real privilege and a profound
commitment to one. Always with the idea that everything is connected and to
bounce on your question as for a possible label of " lesbian singer "
… It is a question of logic for me! You will understand that I cannot say on
one side " never let us forget a human being all the time in spite of the
fear and the despair! Let us not fall asleep on the promise of a well thought
system! Let us be human, determinedly! " And of other one, deny, transform
or hide a part of what I am.
Can you speak to us about the creation of your play,
" Raconte moi ton premier souvenir "?
The theater is really a
place of very rich expression and I wanted to experience it as author and not
only as composer.
I discovered the universe
of the theater thanks to Christophe and Stéphane Botti, authors and film
directors with whom I work regularly. To work with them was very formative for
me because they urged me to experiment very different universes. It is always
the real happiness that to immerse me in their projects. I have moreover just
finalized the music of Stéphane Botti's last short film " a Little sun in
eyes ". It is the story, finally rather commonplace, of the teenager who
discovers his homosexuality. But the glance put on the adolescence and this
crossing of the feelings is very poetic.
Can we say about you that you are an engaged artist?
I shall not define myself
as an engaged artist but rather as a person engaged in front of the life.
What are your musical influences?
I don't like a genre in
particular but rather the music in a general way. My influences can thus go
from the classic up to the rap by way of the techno and the rock, if these
musics sound "just men".
I can say all the same that
I am an ardent fan of Björk and this time, she knew how to ally all the
existing genres.
Do you wish to speak about the other thing?
Yes, I shall really like
thanking all the persons who surround me … We are not much alone!! My really
exceptional and brilliant musicians, in Jo.ha.nD which made me a great site and
so quite particularly Delphine Ragot who takes charge of my picture and who
allowed me to realize one 4 titles: "Faith". home-made manufacturing
but a really particular and beautiful object.

Visuel Delphine Ragot
+ Article de Karine Zibaut
Aube L.
Découvrir le monde de Aube L. est un choc, renouvelé à chaque écoute.
Oui, chaque écoute a la force d’une première fois. Une première fois qui hante, longtemps après l’écoute et se fraie un chemin. Elle nous surprend dans cette zone où si peu savent venir nous cueillir, nous recueillir. Aube L. a un passeport pour ce pays là, si intime, à effet immédiat.
Sa petite musique si personnelle est grande. Créatrice de résonances, provoquant à l’intérieur un écho aux multiples facettes, en prise direct avec le ventre, la tête, le cœur. Certainement car Aube crée toute entière et sans effet de style avec le ventre la tête le cœur. Comme on se jette dans le vide pour en remonter la lumière, le trophée ultime, le seul qui vaille la peine. Aube ne raconte pas d’histoires. Elle les donne à vivre toutes en notes et en mots. Elle sait bien que le verbe est créateur.
Je me souviens de la première fois où j’ai écouté Aube. Où j’étais. Je me souviendrai longtemps de son premier concert avec sa bande de musiciens géniaux, tous habités, portés, généreux. Moment de communication magique, instant de musique magistral. Comme assister à une évidence. L’intimité de sa musique se propage, la scène la porte comme un cocon et elle y explose, lumineuse. Sa force d’expression semble alors sans limite. Faite pour être, se diffuser. Rayonner.
Sur scène Aube rayonne. Elle est à sa place, dans par et avec sa musique. Fascinante. Au cœur de son monde qui roule, grandit, s’enroule, enveloppe autour d’elle ceux qui s’en approchent, conquis. Connexion. Comme un grand sourire. Un regard immense ouvert bien ouvert sur le monde. Monde intérieur. Qui s’ouvre, s’ouvre, n’en finit pas de s’ouvrir et de nous découvrir.
La fille aux cheveux rouges est un cœur pur lancé à 1000000 à l’heure sur sa route. Elle a la force de ceux qui savent qui ils sont profondément, et de cette matière, avec talent, construisent, créent leur sillon. Un sillon qui touche, vibre, unique.
A nous de retenir notre souffle, dès que sa voix, au timbre si particulier pose les premiers mots de My Last Breath. Tout arrêter pour tout recueillir. Le chant qui s’élève. Le frisson qui l’accompagne. Comme un tissu léger la musique l’accueille, la voix s’y dépose pour mieux s’envoler.
Il y a du Radiohead chez Aube. Le monde extérieur fond, devient irréel. I don’t want to get lost. L’imaginaire prend le relais, puissant. On entre chez Aube sans faire semblant. Cash. I don’t want to get lost. On reste avec elle. Au diapason. Mots et notes liés.
Ecriture musicale, écriture tout court, style force et tendresse pour décaper la surface et la faire voler en éclats. Direct live. Direct Life. Doucement et sans concession. Elle s’impose. Here is the light.
Aube donne le LA d’un monde en marche. A la magie sans cesse renouvelée. Le sien. Chapeau bas mademoiselle L.
English Version
To
discover the world of Aube L. is a shock, renewed in every listening. Yes,
every listening has the strength of first time. First time which haunts, much
later the listening and clears itself a road. She surprises us in this zone
where so little know how to come to pick us, to take in to us. Aube L. has a
passport for this country there, so intimate, in immediate effect.
Her
small music so personal is big. Creator of echos, provoking inside an echo in
the multiple facets, in taking express with the stomach, the head, the heart.
Certainly because
I
remember the first time when I listened to
On
stage
The
girl with the red hair is a pure heart thrown to 1000000 at the hour on her
road. She has the strength of those who know whom they are profoundly, and of
this subject, with talent, build, create their furrow. A furrow which touches,
vibrates, unique. To us to hold our breath, as soon as her voice, to the stamp
so particular puts the"My Last Breath"'s first words. To stop
everything to take in everything. The singing which rises. The shiver which
accompanies it. As a light tissue the music welcomes it, the voice settles
there to fly away better.
There
is of Radiohead to
Musical
writing, writing any court, style forces and tenderness to clean the surface
and make it fly into pieces. Express live. Express Life. Slowly and without
concession. She leads. Here is the light.
Aube looks of a world on the march. In the ceaselessly renewed magic. Her. Low hat
miss L.
Karine Zibaut.
2008.
Photo de Malou.
+ Aube L [Hivers 2005/2006]

N'y allons pas par quatre chemins: Aube Lalvée est une artiste hors du commun, sensible et douée d'un talent musical hors normes. Oui, d'aucuns me diront que commencer une chronique de la sorte est assez éxagéré, mais c'est une réalité que personne ne pourra nier. Et surtout pas moi; ces Hivers 2005/2006, qui attendent depuis si longtemps quelques mots les concernant, ne m'ont pas quitté depuis plusieurs semaines, et pour cause: à l'écoute des 13 titres de ce remarquable album, l'auditeur est invité à visiter plusieurs palettes musicales et émotionnelles tendues et intenses, simples et transperçantes. Et une telle inspiration, une telle diversité musicale se doivent d'être mises en valeur le mieux possible, ce qui va ici être tenté.
Lorsque l'on visite la page Myspace d'Aube, la première chose qui impressionne est la diversité des influences musicales qu'elle cite: les groupes ou artistes officient dans des arts en totale opposition (Mozart côtoie ainsi Matmos ou Cult Of Luna, mais si, c'est possible!), et les rapprocher semble délicat et osé. Pourtant, lorsque l'on écoute l'oeuvre de cette magnifique artiste, la première sensation qui envoûte réside dans cette diversité musicale: aucun titre ne ressemble à un autre, que ce soit en termes de longueur que de musicalité. On visite ainsi des contrées aussi bien à prédominance classique ( Disposition Chagrine) que post-rock mogwaïen (Transparence) ou slowcore enivrant et impressionnant (Les Jours Heureux, Je T'Aime Encore En Attendant). Une telle diversité captive et laisse l'auditeur bouche bée, celui se posant la question suivante: comment une seule et même artiste est-elle capable de retranscrire de manière aussi parfaite toutes ces imageries musicales singulières, intimes et puissantes? La question reste encore en suspens, et la seule réponse pouvant être apportée ici est: un grand talent musical. Aube écoute et pénètre ses auditions, s'enrichit des structures, des sons, des ambiances, afin de se les approprier et de les personaliser, ce qu'elle réalise à la perfection.
Car, même si ces oeuvres se composent d'une multitude impressionnante d'instruments (pianos, guitares saturées, samples, boîtes à rythmes froides et presque martiales sur certains titres), on ne peut que ressentir une grande intimité dans ces Hivers. On a alors la sensation qu' Aube a trouvé dans les musiques qu'elle écoute chaque détail qui s'approchait le plus de sa sensibilité, chaque instant, même quelques secondes, qu'elle souhaitait retranscrire à sa manière. Ainsi, en écoutant ces magnifiques, sombres et envoûtantes compositions, on demeure sidéré par la particularité et la personalité révélées par Aube: plus que de retranscrire (impossible d'utiliser ici le verbe "imiter") ses influences, elle les ingère, les pense, et les recompose, pas à pas, dans un souci d'évocation d'émotions diverses et remarquablement intenses. En créant chaque morceau avec intelligence, subtilité, et sans saturation (d'autres auraient déjà basculé dans cette voie), elle se replie et se rend humble, délicate, et subtile.
L'album est sombre et calme, malgré quelques moments proches de la tempête, mais celle-ci ne fait qu'effleurer les côte musicales ici présentées. Entre ces rythmes profonds, aériens et sauvages, venteux et hypnotiques, les instruments entourent une structure musicale au fond du puits, et en révèle chaque facette, jusqu'à permettre à l'auditeur de remonter vers la lumière. Ainsi, la mélancolie fait place à l'éblouissement, la tristesse à l'enivrance. Sachant doser chaque mélodie et mouvement (le sublime et incomparable Disposition Chagrine), Aube dévoile au fur et à mesure ces existences palpables, ces battements de coeur lents et orageux, ténus et pénétrants. Et lorsque une voix masculine aérienne et lente vient envoûter l'oeuvre jusque là purement instrumentale (Ce Noir En Moi), on découvre un contrepoint masculin phenoménal et impressionnant des travaux de Lisa Gerrard avec This Mortal Coil, prouvant une nouvelle fois qu'il est ici question d'atmosphères, de transcendance et de magnificence. Les désillusions sentimentales et personnelles bercent cette oeuvre à part et totale, où l'on côtoie tristesse, mort, amour, brûlure, nuit et divinité. Un langage musical et spirituel se révèle, chaque titre devient explicite de l'ambiance musicale qui va être découverte, et révélée avec intelligence et passion.
Il y a quelques mois, j'ai écrit à propos de Drift Ease Line que leur album m'avait sauvé la vie; en ce qui concerne ces magnifiques Hivers, il en est de même, tant plonger dans ces atmosphères éloignées de tout onirisme inutile, mais au contraire puissamment sensibles et sombres est un exutoire aux pensées les plus folles, aux états les plus dépressifs que chacun rencontre dans l'existence. Aube L est une artiste hors du commun, sensible, mélancolique, et douée d'un talent de composition avec lequel il sera difficile de rivaliser. Alors oui, Hivers 2005/2006 est une thérapie en lui-même, une évocation musicale de pensées et sensations enfouies et auxquelles personne ne veut accorder aucune réalité; Aube, quant à elle, ose franchir ce cap, et y parvient avec un respect, une intelligence et un talent difficilement comparables. Et pour cette magnifique artiste, et ces émouvants moments de l'âme, je finirai sur une parole toute personnelle: MERCI...
Slug.
Source: http://pastallconcerns.over-blog.org/























